Vitrolles, le 16 mars 2016.

Le challenge : habiller de couleurs, d’histoire, de gaieté et d’optimisme les deux fois 10 mètres du long couloir jaune conduisant les employés du centre de tri de La Poste vers leur gigantesque espace de travail. Selon Geneviève Fabre et Jacques Rivoal, les deux peintres spécialistes des fresques murales, très connus à Saint-Victoret pour leur décor de la place Laurens Deleuil notamment, ce travail était une gageure. Surtout que le cahier des charges de l’œuvre relevait d’un vrai travail de communication interne. En lice avec 3 autres compétiteurs, le tandem d’artistes a échangé pendant 7 heures d’affilée avec le donneur d’ordre, avant même d’envisager de présenter une maquette.

Citylia Saint-Victoret.

 

En face d’eux : Lionel Le Tallec, responsable financier de la Plateforme Industrielle Courrier (PIC) de Marseille Provence Alpes. Ce gestionnaire de La Poste a pris en charge ce projet de com au nom de la polyvalence des cadres, une habitude érigée en principe dans l’entreprise.

« Dans un contexte économique et technologique en mutation incessante, La Poste est passée en mode offensif avec un plan libellé « Conquérir 2020 », structuré autour de 3 valeurs fondamentales : Exigence, Excellence et Conquête. Il nécessite une mobilisation interne de tous les instants. S’adapter au monde qui change est dans notre ADN. Nous le faisons depuis Louis XI, avec une suite d’évolutions marquantes, comme le premier timbre sous Napoléon 3, l’Aéropostale, le TGV postal, les voitures électriques et un jour prochain les drones. Notre gamme de services s’étend constamment, avec toujours la lettre en son centre, et un éventail de services autour. Notre passé parle pour nous, mais aussi notre présent et notre futur ».

Le message est clair pour cette institution devenue Société Anonyme en 2010 : La Poste ne craint pas la compétition, c’est elle qui veut la mener avec une confiance et une détermination partagée par tous ses employés. Entre Lionel Le Tallec et les artistes, le courant est vite passé et l’œuvre a pris forme dans leurs esprits.

 

Frise chronologique constellée de symboles reconnus, d’universalité, de codes couleurs, de clins d’œils et de rappels, elle propose un parcours des origines de La Poste jusqu’au futur proche, et il faut des jours pour en connaître ses détails.

Elle évoque la puissance des machineries mises en œuvre, des mécaniques technologiques qui déroulent comme un ruban le flux incessant du courrier, mais aussi cet esprit pionnier qui transforme une aventure en industrie. En filigrane constant, il y a les hommes et les femmes qui forment le tissu solide et essentiel et qui font La Poste. C’est à eux que cette fresque rend hommage, et c’est leur fierté d’être postier qu’elle renforce, en rappelant les valeurs communes de la marque, faites de solidarité, d’entraide et de synergie.

 

Pour Geneviève et Jacques, plus habitués à travailler en extérieur sur des œuvres plus généralistes, traiter ce thème très « corporate » était un défi. 3 mois d’ouvrage, à raison de 8 à 12 heures par jour ont été nécessaires, entièrement in situ. La cohabitation quotidienne avec les employés a développé « une énergie positive inattendue ». Un vécu supplémentaire et un plus pour ces deux routiers de la peinture aux CV impressionnants.

Geneviève a une licence d’arts plastiques, une maîtrise d’histoire de l’art et un diplôme de Conservateur de Musée. Jacques, quant à lui, s’est détourné de son métier d’architecte pour se consacrer à l’art pictural avec une prédilection pour les fresques monumentales. Passionnés et pédagogues, ils enseignent la peinture en cours privé et dans les activités extra-scolaires des écoles.

 

Citylia Saint-Victoret.

Zoom sur le centre de Tri de Vitrolles

Isolé du public dans la ZI des Estroublans, mais avec une vue panoramique privilégiée sur l’étang de Berre, vous pouvez y déposer directement votre courrier. C’est ce que font surtout les entreprises pour les envois en nombre, parfois livrés sur palettes. Et ici, les nombres sont grands. 2 Millions de plis traités chaque jour sur 13000 m² d’un seul tenant par 480 employés travaillant en roulement. Les longueurs des machines et des tapis roulants se mesurent en dizaines de mètres. A côté de ces monstres de précision équipés de lecteurs optiques, des centaines de bacs chariots servent un peu à tout, y compris aux délicats tris manuels pour des plis non normalisés ou des colis jusqu’à 3 cm d’épaisseur. Classé PIC de Strate 1, le centre est l’un des plus grands de France.