Fureter dans les allées du Salon du livre et s’arrêter pour échanger avec les auteurs est toujours un moment agréable. Le problème c’est que ces grands solitaires sont particulièrement bavards en ces occasions-là et qu’il est impossible de s’intéresser à chacun d’eux. Alors, il faut laisser faire le hasard.

Mon premier est un grand habitué de Saint-Victoret. Michel Méténier, éminent professeur d’histoire et conférencier, présente la suite de sa série « Au cœur historique du vieux Marseille », un panorama de l’histoire de chacun des 111 quartiers de la ville. Cette somme d’informations précieuses et passionnantes est un gros succès de librairie. Déjà trois tomes de produits, il en reste deux, à suivre. Avec son voisin Lucien Vassal, on reste en terrain historique et marseillais. Depuis 70 ans, il a fait du promontoire de la Viste un poste d’observation de la vie marseillaise, avec notamment sa « Trilogie des collines ».

Continuons encore un peu dans le registre histoire avec Henri Conan et l’association Mémoire d’Hydravations qui propose des ouvrages aux fans d’aéronefs, du Latécoère 631 aux avions de Roland Garros. C’est superbe.

Juste en face, Alain Seyfried est de retour avec ses histoires attachantes comme « le Chat qui aimait la mer » ou « Place de l’Espigaou ». Vous l’avez compris, on campe toujours en Provence. Mais d’une table à l’autre, on quitte la région pour naviguer entre le monde exubérant du surf californien et celui des austères amish de Pennsylvanie. Laurence Castaner, banquière de métier, est en effet venue de Cannes présenter son roman à l’américaine avec son pitch surprenant.

Dans le genre globe-trotter, Eric Gallorini est un antibois qui vous propose une série de road trips, des balades asiatiques ou des escales en Europe. Sébastien Wagner, auteur de théâtre et metteur en scène de profession, présente « Le chant des innocentes », un premier roman teinté de fantastique et de mysticisme. Vous aimez les sagas et les mystères ? Je vous présente Claire Fasce Dalmas et « Les enquêtes de Chléo et Vincent », une suite de romans policiers doublés d’une intrigue sentimentale.

Salon du Livre de Saint-VictoretFaisons ensuite un bout de chemin de vie avec Serge Sommer, chanteur, guitariste et conférencier, devenu psychothérapeute sur le tard, qui témoigne de la difficulté de sortir par le haut de l’alcoolisme et d’une enfance troublée. Une leçon gaie et optimiste. Encore plus exubérante, la prolifique et éclectique Lina Chelli aligne ses œuvres comme les cartes d’une réussite. Ses « Vibrations maçonniques », ensemble d’acrostiches écrits en alexandrins, sont un sommet d’observations pertinentes et d’écriture belle et fluide.

Salon du Livre de Saint-VictoretEt gardons les œuvres pour enfants pour la fin. Dans ce rayon, les auteurs sont légions. Les éditions Plumes Vertes de Corine Matteoli, implantées en pays arlésien, présentent une magnifique collection. Mon dernier sera un coup de cœur : la série « Cacarinette en Provence » proposée par Régine Franceschi et illustrée par Jean Marignan. Ses histoires sont racontées par une petite fille d’une douzaine d’années, facétieuse, abonnée aux bêtises et un peu tête de linotte, qui assume son surnom de coccinelle provençale. « Cacarinette, tu n’as rien dans la tête ! » lui dit-on à tout bout de champ. Peut-être, mais elle a un secret de noël bien à elle. Pédagogique, la série est aussi écrite en anglais.

Les 65 exposants sont repartis ravis de ce 17ème salon du livre et de sa convivialité. Pour le 18ème, annoncé à l’Odéon, ils devraient être encore plus nombreux.