Il est la démonstration qu’une passion, même tardive, peut mener à une vraie profession. Alain Mouton a commencé très jeune, mais dans une toute autre industrie.

Alain Mouton photographePendant une trentaine d’années, il a soufflé et façonné du verre dans une des rares entreprises spécialisées dans la région, du verre pour laboratoire comme du verre d’art. À cette époque, et à part les photos de famille, la photographie n’était pas alors un vrai hobby. Mais après un licenciement économique, ce fan de randonnées s’est rendu compte que sa vision du monde, et notamment des monts qu’il a pris l’habitude de parcourir, pouvait se traduire en merveilles photographiques. Et il a commencé à proposer ses travaux, à des magazines, des éditeurs de cartes postales.

« Le déclic est venu de la confiance que m’a accordée le Comité Régional du Tourisme. Par leur biais, mes photos se sont retrouvées sur des magazines en France et à l’étranger. C’est là que je j’ai décidé d’en faire ma profession ».

Le choix du bonheur et de la nature

C’est bien le choix du bonheur qui été fait ce jour-là. Bien entendu, le travail est au long cours. Des heures de marche par monts et par vaux, du Ventoux à la plaine de Camargue, des champs couleur de lavande jusqu’au turquoise des calanques. Mais il n’a rien de fastidieux.

« Je passe beaucoup de temps à observer, je me pose et je profite du paysage. Les formats panoramiques reflètent bien ce que voient mes yeux. Je sais alors ce qu’il faut faire pour que l’on ressente, en regardant mes photos, ce que j’ai ressenti moi-même ».

Mais si son œil est bien le premier objectif de sa gamme, le matériel doit suivre derrière, appareil photo comme ordinateur. À coups de 1 000 et quelques clichés par promenade, cela fait une quantité faramineuse d’images à trier, sélectionner et traiter. Mais là non plus, la tâche n’a rien de fastidieuse car elle est sublimée par le plaisir d’obtenir un résultat qui plait à l’œil.

« Je trouve que la nature est un sujet magnifique et respectable, même et surtout si l’homme y a laissé son empreinte éphémère ».

Son passage d’amateur à professionnel, ce changement de ligue et de catégorie, a rendu le photographe maître de ses sujets et confiant en son regard, ce fameux premier œil. Si la photo, parfois aventureuse de la nature, est sa spécialité, Alain Mouton travaille aussi à la demande sur le terroir, les villes et les villages. Il a maintenant une signature et elle est reconnue.

Espace culturel Le Ménestrel, salle voutée, du 13 au 15 octobre, de 10h à 18h. Entrée libre.
Vernissage vendredi 13 à 18h30 conjointement avec l’exposition fils croisés.