« Sur les 5 dernières années, il y a eu une augmentation considérable des tarifs funéraires que rien, d’un point de vue économique, ne justifie. C’est principalement le fait des grandes marques ».

Anthony Pueyo, gérant de Aix Funéraire / Pueyo et John Lanne, responsable du nouvel établissement du groupe à Saint-Victoret, en parlent sans ambages. Pour eux, il y a un manque d’éthique, voire de morale dans la profession, qui abuse de la situation de détresse des familles en deuil. Sans parler d’entente sur les prix, ce qui serait illégal, il y a sans doute une connivence et un ajustement constant et progressif vers le haut des tarifs. Autrement dit, il y a des lois, mais il n’y a pas de foi.

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

De gauche à droite, John Lanne et Anthony Pueyo

« Chaque année, les tarifs augmentent d’un minimum de 2,5 %, alors que les coûts baissent. Certains groupes ou réseaux de franchises font venir leurs cercueils d’Asie et appliquent un coefficient 8 à la revente. Ils sont bien trop gourmands au vu des circonstances. Dans le même temps, la qualité de la prestation s’étiole chaque année un peu plus » renchérit le jeune chef d’entreprise aux 25 années d’expérience.

La faute sans doute à des organisations trop structurées, quelque peu déshumanisées qui ne motivent pas les agents du corps d’exploitation. La faute aussi à un état d’esprit d’entreprise qui raisonne rentabilité et qui oublie trop la nécessaire empathie qui doit accompagner les adieux aux personnes décédées.

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

John Lanne a quitté un concurrent afin de travailler pour Pueyo en 2015

John se souvient de son précédent emploi dans une entreprise concurrente. « Les agents ont des objectifs de chiffre d’affaires, une ligne de conduite à suivre selon un prix de vente moyen déterminé et des consignes de vente applicables au consommateur à qui il faut vendre plus et plus cher. Un bilan mensuel qui se détermine en nombre de « boites » objectivées dans le mois. Cette expression, à elle seule, est un manque de respect ».

Face à ces marques, il y a une multitude de petites entreprises attirées par les marges du secteur, mais dont beaucoup disparaissent discrètement lors de leur première année d’exploitation. Rien que dans le département des Bouches-du-Rhône, 542 habilitations ont déjà été accordées jusqu’à ce jour. C’est beaucoup et nombre d’entre elles n’ont pas l’expérience et la trésorerie pour assumer un travail qui ne peut que s’inscrire dans la durée.

Entre l’hégémonie des labels et la multitude de très petites entreprises fragiles, l’entreprise de tradition familiale d’Anthony Pueyo a décidé de réagir et de proposer un nouveau modèle de services raisonnables et humains. Sa société, Aix Funéraire, est une référence reconnue et légitime dans la profession depuis déjà un quart de siècle. A tel point qu’Anthony a été élu par ses pairs comme administrateur de la Fédération Française des Pompes Funèbres, qui regroupe 1000 entreprises et un corps de 4000 employés.

Éminemment crédible, quand Anthony Pueyo parle, on l’entend. Il résume sa stratégie et l’identité de son entreprise en 6 principes :

1 – Au lieu de dépenser des fortunes dans la pub nationale, il veut bâtir très progressivement un réseau de proximité, en misant sur des règles fortes et éthiques. L’installation à Saint-Victoret est un premier grand pas.

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

A l’accueil de l’agence PUEYO de Saint-Victoret, les tarifs généraux sont disponibles sur la table basse.

3 – Ces mêmes tarifs affichent des prix inférieurs de 15 à 40 % à la concurrence locale. « Rien à voir avec un dumping agressif, c’est le juste prix pour un juste service » assure John, confiant dans la réussite de la nouvelle implantation dans une ville qu’il connaît bien pour y avoir grandi. Chacun peut faire l’exercice : une demande de devis type sur une crémation civile indique un prix de 2170 € chez Pueyo/Aix Funéraire, et jusqu’à 3500 € chez un concurrent.

4 – La relation avec la famille en deuil doit être humaine et correspondre à la philosophie du groupe en devenir. « De quoi avez-vous réellement besoin ? » est la question centrale qui leur est posée. Suivant les budgets et les volontés, il faut pouvoir moduler les frais et adapter les choix au plus juste. John insiste sur ce point : « Nous tissons des liens dignes avec la famille, et un regard franc dans leurs yeux vaut mille mercis. J’habite le coin, et je n’ai pas envie de changer de trottoir quand je croise une famille parce que mon travail n’a pas été bon ».

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

La prestation est adaptée aux besoins et souhaits de chaque famille.

6 – L’offre de produit doit être large et privilégier les fabrications françaises et locales. Quand on fait venir d’Asie un container de cercueils, au terme d’un voyage de 2 mois, il faut vendre le stock, et on privilégie moins les besoins réels des clients.

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

Pueyo privilégie systématiquement les fabrications françaises, plus directement adaptables aux beoins des clients.

Il y en a sans doute d’autres, mais voilà 6 des principaux piliers de la stratégie de la société Aix Funéraire / Pueyo. En fait de stratégie, il s’agit plus de vocation, avec un principe supérieur : le respect.

LES HOMMES DE PUEYO

Anthony Pueyo

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

« L’entreprise de mon père fabriquait du matériel funéraire à Marseille avec une centaine d’employés et gérait 8000 convois par an. En 1991, je suis venu l’aider et Aix-Funéraire a été créée en 1991 ».

Très tôt donc, puisque Anthony n’a aujourd’hui que 43 ans.

L’âge idéal pour de nouveaux projets, puisqu’il a, à la fois, une expérience de 25 ans derrière lui et un avenir devant lui, qu’il estime à… 25 ans

 

 

John Lanne

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.

29 ans à peine et déjà doté d’un grand sens de l’humain, John a choisi de se sentir utile tout au long de sa vie. Cela fait déjà 12 ans qu’il est pompier volontaire. Agacé par une politique commerciale trop agressive, il a quitté une entreprise concurrente qu’il estimait minée par des procédures inefficaces et de nombreux problèmes internes.

Les deux hommes se sont connus alors que John travaillait chez ce concurrent. « La limousine qu’on avait promise à la famille n’était pas disponible. C’est Anthony qui nous a prêté celle d’Aix Funéraire. Un geste qui fait la différence » raconte volontiers John. « C’est ensuite que des liens se sont tissés et à quelques jours de mon départ de la société, j’ai émis le souhait de travailler avec Anthony »

L’agence pueyo de saint-victoret

Elle a été inaugurée le 11 mars 2016 en présence du Maire de la ville, Claude Piccirillo, et de Sandra Dalbin, conseillère départementale et des conseillers municipaux ;

Quid des conventions obsèques ?

C’est une tendance forte du marché. Elles représentent aujourd’hui environ 15 % des dossiers mais Anthony Pueyo estime qu’elles représenteront 1 contrat sur 2 d’ici 15 ans. L’argent reste la propriété du titulaire et se trouve bloqué auprès d’une compagnie d’assurance dans l’attente d’une plus-value qui doit compenser l’écart entre la somme épargnée et le prix de la prestation lors du décès. « Nous ne touchons aucune commission à la signature. C’est un travail de conseil que nous faisons sur notre temps libre. Le contrat est portable et la famille a le droit de changer de prestataire. Pour nous, comme pour le client, c’est un pari sur la confiance et une garantie pour l’avenir ».

Et c’est aussi une preuve supplémentaire qu’il s’agit d’un métier fait d’engagement à long terme où les affairistes ne devraient pas avoir leur place.

Pompes funèbres Pueyo. Citylia Saint-Victoret.