Ils étaient une soixantaine, auteurs et auteures confondus, à avoir colonisé la salle Edith Piaf avec leurs étalages de bouquins et BD. Avec plus ou moins d’aisance dans le contact, ils ont tous envie de parler de leur travail solitaire. Le Salon du Livre, c’est un ensemble de conversations privées, où chacun doit séduire individuellement son lecteur. Chacun son style et tous les détails comptent.

Campée face à l’entrée, Mirabelle Baranne, grande spécialiste de Frédéric Dard et correspondante de presse dans la journée, a créé son propre héros, une certaine commissaire Mira, marseillaise au verbiage accrocheur et sans détours. « Mais rien de grossier, promis ! » nous assure-t-elle. A côté d’elle son compère Paul Pisapia, est un peu dans le même registre avec cette fois un commissaire Santoni, lui aussi Marseillais, mais avec une dimension plus internationale et plus concerné par les grandes questions du monde. Changement de décor avec Pierre Gobolo, qui nous conte d’insolites légendes de Centrafrique et du peuple gbaya que nous n’aurions pas trouvées tous seuls. Comment Mbalé l’antilope et Lifa le pique-bœuf sont-ils devenus amis ? La réponse est dans  « To et le Caméléon ». Dépaysement tous publics garanti.

Luober, quant à lui est dans un tout autre registre. Erwan Bucklefeet, son  jeune héros récurrent et bretonnant, a déjà vécu une trilogie d’aventures ésotériques et mystérieuses. Surnommé le « Passeur d’âmes » par un trio de druides de l’au-delà, il a de biens étranges pouvoirs. Ecrivain sans limites, Luober écrit aussi de magnifiques poèmes. Plus loin encore, c’est Yannick Neuzillet,un tout jeune écrivain qui nous présente sa première œuvre « Erenik » à la couverture sombre et fascinante. Hors de notre temps, hors de notre espace, Erenik est une « parcelle » généreuse avec ses habitants. Mais des signes inquiétants menacent l’avenir des Erins qui vont devoir choisir un héros. Un prequel est en préparation de ce qui pourrait bien devenir un jour une véritable saga. Beaucoup plus sérieux, Bernard Laurens-Anderson ressemble bien au professeur d’histoire qu’il est réellement. Et il sait nous parler d’épisodes complétement méconnus de la grande guerre comme « Passé au bleu de Prusse », où romancer un voyage de Marseille à Rio comme dans « Marseille, coup de blues ».  Dans nos coups de cœur, il y aussi Alain Seyfried, un auteur affable qui a rangé ses diplômes de gestion pour faire écrire des histoires par un chat,  dans «  Le Chat qui aimait la mer », ou par des objets dans « L’avant-dernière demeure ». Charmant et envoûtant comme les couvertures de ses ouvrages.

Et pour finir, comment ne pas s’impatienter de lire le rocambolesque roman de Murielle Mollo, très sérieuse docteur vasculaire dans la vie quotidienne, et facétieuse écrivaine dans sa vie rêvée ? Elle nous emmène au ciel dans « Les cellules du Paradis », avec Zombie, son héros démantelé. Drôle, émouvant et philosophique.

Une après-midi ne suffit pas pour découvrir tant d’artistes écrivains dans tant de domaines. Pour les retrouver, contactez Anne Daures au Syndicat d’Initiative. Et si vous avez trop de livres, ne les jetez pas, apportez les à la Croix-Rouge qui saura quoi en faire.